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L’approche
L’AURATM comme instrument d’empowerment.
Par rapport au défi du
renforcement organisationnel et développement institutionnel, ATOL
concentre ses efforts dans la diffusion de l’approche L’AURA.
Cette approche a été mise au point en partenariat avec quelques
organisations de développement du Sud et l’appui-conseil
de South Research. Le tout est le fruit d’une recherche-action en
réseau qui a débuté en 1998 et qui s’est clôturée
en novembre 2002 avec un séminaire international à Leuven,
Belgique.
Ayant constaté que beaucoup d'ONG visent le renforcement de la
société civile et plus particulièrement le rôle
de leur groupe cible là dedans, nous avons voulu systématiser
les savoirs et compétences dans ce domaine. Ceci a abouti à
des documents conceptuels, des méthodes et un manuel. L’approche
n’est pas définitive. Elle trace des pistes qui doivent maintenant
être appropriées par chaque acteur concerné et adaptées
aux contextes socioculturels et politico-économiques spécifiques.
L’AUto Renforcement Accompagné ou L’AURATM
est une approche appropriée à l’accompagnement des
dynamiques d’organisations de base. Basée sur les concepts
d’apprentissage social, elle établit un meilleur équilibre
entre d’une part les compétences de réflexion, de
communication, de négociation et d’entente de groupe et d’autre
part les capacités de gestion de projets à présent
surestimés.
Notre souhait est que cette approche puisse faire l’objet de beaucoup
de nouvelles expériences enrichissantes et continuer à se
développer grâce à un partage des réflexions
de praticiens. C’est dans cette optique que nous vous tiendrons
au courant sur ce site des expériences en cours.
Vous trouverez sur ce site :
EMPOWERMENT
Le concept "Empowerment" est défini comme un processus
de renforcement mutuel des individus et des communautés ou groupements
locaux dont ils sont membre. Elles/ils deviennent davantage capables de
façonner et leurs vies et la société dans laquelle
elles vivent, conforme leurs propres valeurs et critères.
Cela implique :
- être capable de décider
en toute indépendance sur des sujets qui influencent son mode de
vie;
-
faire un bon usage des ressources
dont on dispose ainsi que des opportunités qui s'offrent pour déterminer
de façon de plus en plus autonome ses conditions de vie futures;
- influencer les décisions
qui ont ou auront un impact sur sa situation, par exemple en faisant des
groupes de pression pour exercer un contre-pouvoir. Influencer les autres
qui décident à notre place et avoir un effet de levier.
Concrètement ce renforcement
se mesure en appréciant la croissance réalisée dans
quatre domaines: l'AVOIR, le SAVOIR(-faire), le POUVOIR et le VOULOIR.
Lire
davantage empowerment
Avoir
Un pouvoir économique renforcé qui permet d'accroître
l'aisance ou la prospérité matérielle.
Ce pouvoir économique n'est pas limité à la possession
de ressources et richesses mais inclut également les facilités
d'accès à. Les facteurs externes et le capital social d'une
personne ou d'un groupe, le permettent d'agir de façon plus optimale
et donc de se développer plus facilement.
Vivre sobrement est un choix individuel ou collectif, mais vivre pauvrement
est un destin.
L’importance de l’AVOIR
Les paramètres d’appréciation du niveau de l’AVOIR
La complémentarité groupe/individu dans la croissance de l’AVOIR
Lire
davantage avoir
Savoir
Des compétences intellectuelles
et relationnelles permettent de profiter de manière optimale des
opportunités qui se présentent à l'individu et au
groupe. Cette maîtrise concerne la gestion :
- Des hommes (soi-même inclus),
leur relation avec eux-mêmes et avec les autres
- Des procédés, matières
premières, équipements et la technologie en général
- Des pensées afin de raisonner,
d'apprendre et d'éduquer
- Des informations
En parlant de maîtrise et de compétences on intègre
et le savoir et le savoir-faire.
L’importance du SAVOIR
Les paramètres d’appréciation du niveau du SAVOIR
La complémentarité groupe/individu dans la croissance du
SAVOIR
Lire davantage savoir
Pouvoir
Il s'agit autant de l'autorisation
ou la liberté de faire que l'on a reçu ou conquit, que de
l'autorité de décider, les pouvoirs délégués
ou la participation "démocratique" aux décisions
prises. Le cadre légal ou juridique n'est pas suffisant; il faut
aussi leur application (Etat de droit). Cette application dépend
autant d'un esprit de partage de pouvoirs par les tenants de pouvoir actuels
que des individus qui assument leur responsabilité de partager
au pouvoir.
L’importance du POUVOIR
Les paramètres d’appréciation du niveau du POUVOIR
La complémentarité groupe/individu dans la croissance du
POUVOIR
Lire davantage pouvoir
Vouloir
Il s'agit de la force psychologique,
son pouvoir interne, son pouvoir spirituel. La capacité et la volonté
de faire soi-même des choix concernant son avenir. Prendre conscience
de son propre projet de vie ainsi que celui de l'organisation et vouloir
vraiment le réaliser. La "présence" de quelqu'un,
son charisme est un signe clair.
L’importance du VOULOIR
Les paramètres d’appréciation du niveau du VOULOIR
La complémentarité groupe/individu dans la croissance du
VOULOIR
Lire davantage vouloir
POUR QUI?
La transformation de la société se réalise à
travers la transformation de l’individu et ses associations. Son organisation
de base d’abord de qui elle/il attend des avantages individuels directs.
Ensuite les réseaux de toute sorte de la société civile
qui le permettent d’influencer, à travers l’adhésion
de son organisation, les autres institutions de sa société
et même du monde.
L’individu
Au niveau individuel ce processus implique : gagner du pouvoir sur le
plan psychologique (estime de soi, confiance en soi, gestion de ses peurs,
adhésion aux valeurs), intellectuel (connaissances, réflexion),
économique (accès aux moyens de production, au marché),
physique (santé), social (solidarité, communication, etc.)
et politique (négociation, participation à la prise de décisions).
Ainsi les individus acquièrent plus de pouvoir pour maîtriser
leur environnement, ils peuvent mieux saisir les opportunités qui
se présentent dans leur environnement, ils peuvent interagir avec
des individus, organisations et institutions de façon constructive.
Ils créent d'autres rapports de pouvoir avec leurs membres de famille
ou des groupements, avec les institutions et organisations.
Son organisation
Les groupes se créent pour réaliser des actions impossibles
au niveau individuel. Cela commence par le niveau du groupement de base
et ensuite les niveaux des (con)fédérations ou mouvements.
Le premier niveau est le niveau où tout le monde "se
connaît" encore, le niveau du village ou de la famille élargie.
De tels groupes sont la plus part du temps – mais pas nécessairement
-multifonctionnels.
Au niveau des groupes, le processus d'empowerment implique que les membres
prennent conscience en tant que groupe, font leurs propres analyses de
groupe, développent leur propre vision, et agissent autrement.
A partir de ces compétences, de la solidarité et du travail
de lobbying, les groupes peuvent augmenter leur influence sur leur environnement,
créer un contre-pouvoir et renforcer la société civile.
La société civile dans laquelle elle
œuvre et ses institutions
Le niveau supérieur est celui des réseaux où se tissent
des "alliances stratégiques". Les avantages de travailler
à une plus grande échelle sont évidents mais leurs
responsables deviennent plus anonymes.
Pour que l'on puisse parler d'une transformation durable de la société,
le groupe renforcé doit obtenir une influence effective sur et
pourquoi pas « contrôler » des acteurs institutionnels.
Ces institutions qui influencent la vie d'un groupe sont : l’Etat,
le pouvoir politique, la société civile, les institutions
financières et économiques, les média, les institutions
religieuses, les instituts de formation. Toutes ces institutions influencent
« la condition » des groupes de base, surtout les
groupes marginalisés. Ils constituent le niveau macro sur
lequel il faut également travailler pour avoir un impact structurel.
LES DIFFERENTS PROCESSUS D'APPRENTISSAGE SOCIAL
A fin d’avoir une meilleure vue de ce que veut dire renforcement
des capacités (capacity building) nous avons étudié
les théories d’apprentissage social. Celles-ci peuvent être
appliquées non seulement au niveau individuel mais également
au niveau des organisations et même des organisations faîtières.
Dans l’article « social learning, a new perspective
on learning in participatory systems’ (D.Wildemeersch et all.) on
estime que quatre processus (axes) constituent le cœur de l’apprentissage
social. Elles sont ; le processus d’action, de réflexion,
de communication et de négociation.
Au cours de notre recherche nous avons ajouté un cinquième,
le processus d'appartenance au groupe/la concorde.
Chacun de ces processus contient
tout une gamme de compétences qui permettent à chaque individu
de grandir dans son rôle social particulier et – appliqué
aux associations - à chaque association de grandir dans son rôle
sociétal. Chaque processus est également caractérisé
par des paradoxes, contradictions et tensions internes particuliers. Ils
ne sont jamais simples, cohérentes ni statiques mais varient d’une
situation à une autre et ils sont spécifiques au contexte
dans lequel ils se déroulent. Ils ont une influence l’un
sur l’autre
L’action ou la capacité de mener à bien ses projets
La gestion du cycle de projets
ou actions de groupe : analyse, définition des objectifs et choix
stratégies, planification des ressources, planification opérationnelle,
mise en œuvre, suivi-évaluation. L’inverse de l’anarchie.
Tension entre :
- d'une part s'impliquer en étant
partie prenante puisque concerné par les effets attendus, qui répondent
à des besoins objectifs comme subjectifs personnels. La participation
et le (sentiment de)contrôle du déroulement de l'intervention,
donc le comment est important du point de vue des sentiments.
- d'autre part efficience et effectivité
optimale qui demandent une approche scientifique, technique et rationnelle.
Lire davantage action
Le processus
de réflexion/méditation
La base de l'apprentissage
est la capacité d'une personne de tirer des leçons de ses
échecs et réussites et d'évoluer par rapport aux
méthodes, analyses et fondements même de ce que l'on fait.
Il faut pouvoir méditer, se recueillir, se questionner ou
critiquer mais de façon constructive afin de s'améliorer
et non de détruire.
Tension entre:
- D'une part analyse rationnelle et
raisonnements logiques en prenant le plus possible de recul afin d'être
le plus objectif possible
- D'autre part donner une place aux
aspects subjectifs, particularités des individus, compréhension
colorée par des émotions irrationnelles, des valeurs d'une
importance différente, un esprit de groupe qui rend certains facteurs
particuliers moins importants et une pression d'agir et d'obtenir des
résultats directs même si elles hypothèquent la poursuite.
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réflexion
Le processus de communication /dialogue / transparence
Entrer en dialogue avec les
autres parties concernées. Pour sortir de son isolement il faut
savoir gérer les flux d'information. Savoir quelle information
trouver chez qui, et quelle information fournir à qui pour que
chacun puisse décider 'en connaissance de cause". Pour cela
il faut savoir écouter, lire, décoder des messages, adopter
certains langages et manières de présenter, etc…
Tension entre :
-
Taire certaines informations qui
soit, constituent un avantage comparatif concurrentiel, soit vous mettent
à nu et vous rendent donc inutilement plus fragiles. Il ne sert
à rien de divulguer ni de rechercher des informations qui ne sont
pas pertinentes et qui peuvent même inutilement hypothéquer
une relation.
- D'autre part, il faut (savoir) créer
un esprit de confiance réciproque qui dépasse le savoir
strictement fonctionnel. Des éléments informels, des sentiments,
des éléments contextuels.
Une autre tension existe entre :
- Une communication unilatérale
et directe et efficace mais qui privilégie quelques individus et
des relations interpersonnelles.
- Une communication multilatérale
qui privilégie la transparence et un accès maximal à
l’information pour tous les membres. Mais cela engendre un coût
important et inonde parfois certaines personnes avec des informations
non-pertinentes.
Lire davantage communication
Le processus de négociation et de collaboration/coopération
Il s'agit d'apprendre à
voir la plus value de certaines coopérations et alliances qui permettent
de travailler à une autre échelle et de valoriser les ressources
des autres aussi en son propre avantage. Cela demande des capacités
d'empathie, de compromission, de sortir de son propre champ de vision.
Tension entre :
* Mettre en avant ses propres intérêts
afin de ne pas (se) perdre dans l'action commune et groupée. Cette
option de dissensus préserve les avantages que chacun vise pour
soi-même et qui sont un moteur important de son engagement social.
* Perdre son identité dans
une plus grande identité qui ne reconnaît pas ou peu les
particularités individuelles. On recherche un consensus où
l'intérêt plus global, commun de différents acteurs
prime. Ces intérêts recherchés ne sont pas nécessairement
à l'opposé ou au détriment l'un de l'autre. L'utilisation
de ressources spécifiques d'un groupe pour l'intérêt
de tous. "Pooling" des ressources afin d'agir à une échelle
supérieure inaccessible aux partenaires séparées.
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négociation
Le processus d’appartenance au groupe, de la
concorde et l’entente au sein du groupe
Il s'agit de mettre en valeur
la dynamique de groupe sur l'individu comme être social. L'homme
fonctionne le mieux en relation avec d'autres personnes. Il s'épanouit
en se sachant accepté par des "compères" qui partagent
les mêmes conditions et visions. Il se reconnaît dans des
ensembles plus grands, ce qui le réconforte et ouvre la possibilité
d'agir en commun. Il se construit une identité sociale unique mais
non isolée. Avec ses pairs il ose plus facilement de renaître,
d'être différant que "comme on le connaît depuis
toujours". Il peut changer en tant que personne et sortir des complexes
et réserves contraignantes.
Le groupe valorise chaque membre individuellement afin qu'il puisse s'épanouir
dans un environnement sécurisant, attentif et stimulant. Cette concorde
ou union qui en découle renforce et le groupe et le membre. Une
équipe soudée est plus difficile à mettre en difficulté.
Tension entre :
* Le cheminement personnel est intimement
lié aux particularités et individualités et est fonction
de son propre projet de vie. Elle demande de garder une autonomie certaine
par rapport au groupe. Il ne doit pas être conditionné par
le groupe en remplaçant les anciens conditionnements sociologiques.
L'esprit qui règne dans le groupe ne doit pas être trop artificiel
par rapport à la réalité en dehors du groupe, rendant
le membre encore moins adapté aux réalités de sa
société.
* Le groupe comme nouvelle identité
auquel on se réfère, à travers lequel on est (re)connu
par l'entourage, ce qui donne de nouvelles perspectives et ouvertures.
La vision du groupe, sa mission et le projet de société
qu'elle personnalise construisent ensemble un cadre, une référence
qui peut transformer cette société.
Lire davantage concorde
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