Genre, qu'est-ce que c'est?

Le terme « genre » vient de « gender », en anglais. M. Perrot et G. Duby, les auteurs du livre « Histoire des femmes » décrivent le genre comme « les relations entre les sexes, non pas inscrits dans l'éternité d'une introuvable nature, mais produits d'une construction sociale qu'il importe justement de déconstruire ». Le concept de genre renvoie donc à la construction sociale de la masculinité et de la féminité. Cette construction sociale n’est pas basée sur les propriétés biologiques ou le sexe de l’homme et de la femme. Elle est déterminée par la société. C’est ce qui fait que le « genre » est variable et peut donc changer.

La manière dont une communauté donnée détermine le genre est visible dans les tâches, rôles et responsabilités assignés aux hommes et aux femmes qui la composent. Ainsi, les tâches reproductives telles que le ménage, l’éducation et la garde des enfants, etc., sont généralement considérés comme le domaine des femmes. Ces tâches sont peu visibles, non rémunérées et peu valorisées. Notons que les hommes et les femmes ont accès au travail payé, à la production de biens destinés à combler leurs besoins et à la vente de ces biens (tâches productives). Cependant, les femmes ont plus de difficultés à trouver un emploi rémunéré et sont souvent actives dans des secteurs moins bien payés. Lorsqu’on s’attarde aux tâches communautaires, on retrouve les femmes dans des fonctions familiales telles que la cuisine, l’organisation de fêtes et d’enterrements. Les hommes, au contraire, sont sur-responsabilisés et héritent des fonctions communautaires visibles et très valorisées : discours lors de ces fêtes et enterrements, gestion locale et maintien de l’ordre, etc.

Les rôles reproductifs, productifs et les tâches communautaires montrent comment le genre est déterminé dans une société donnée, alors que les besoins pratiques et les intérêts stratégiques indiquent souvent une tendance au changement. Les besoins pratiques se rapportent aux responsabilités et tâches quotidiennes des hommes et des femmes : l’éducation et la garde des enfants, le logement, les soins de santé, l’emploi, etc. Les relations de pouvoir et la répartition des tâches ne sont pas remis en question. Les intérêts stratégiques sont par contre liés à la position subalterne des femmes, à la répartition des tâches, à l’accès et au contrôle des moyens de production et à leurs recettes, aux droits, à la violence, à l’égalité des salaires, au droit à disposer de son propre corps, etc. Travailler à ces intérêts stratégiques, c’est rendre visible l’inégalité qui domine dans les relations de pouvoir et viser des résultats à long terme. Par contre, le travail sur les besoins pratiques peut être envisagé à court terme. Il peut par exemple s’agir de projets visant à améliorer les conditions de vie en apportant une réponse aux besoins fondamentaux tels que l’accès à la nourriture et à des services de base comme l’eau et l’électricité.

Travailler sur le genre, c’est travailler sur les relations de pouvoir déséquilibrées entre les hommes et les femmes. Cela ne veut bien sûr pas dire que les femmes doivent à présent dominer les hommes, mais bien que le pouvoir des femmes doit être renforcé (empowerment) dans les domaines économiques (accès aux ressources et contrôle de celles-ci, accès au marché, etc.) et sociopolitiques (organisation, participation à la prise de décision, représentation, etc.). Cela implique aussi la consolidation des connaissances des femmes (analyse, compréhension, sens critique, etc.) et de leur force intérieure (confiance en soi, image de soi, identité, etc.), sans pour autant perdre les hommes de vue. Le travail autour du concept de genre implique donc la collaboration des hommes et des femmes afin qu’ils puissent former une société dans laquelle ils seraient égaux et équivalents. L’« Egalité » est une notion juridique. Elle implique que la loi accorde les mêmes droits, chances et responsabilités aux hommes et aux femmes. L’« Equivalence » est par contre un concept moral. Il implique que les hommes et les femmes doivent effectivement, dans la réalité quotidienne, profiter de cette égalité des chances.

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