ATOL mis à l’arrêt
Après plus de trente ans d’engagement dans le secteur de la coopération au développement, ATOL met fin à ses activités. Ceci est la conséquence du refus de la part du gouvernement de nous accorder des subventions pour la suite. Cela, à notre grande surprise, et celle de nos partenaires. En effet, depuis la reconnaissance d’ATOL en tant qu’ONG et avec l’appui du gouvernement, elle a construit et renforcé son expertise en tant qu’accompagnateur au renforcement d’organisations au Sud et en tant que « centre de connaissances ». Au tout départ, le cœur de l’activité était en lien avec des « connaissances technologiques », qui a progressivement évolué vers un travail sur le renforcement des capacités des organisations et plus spécifiquement dans les thèmes de l’« empowerment », de l’« apprentissage organisationnel » et le « renforcement de l’appui à l’économie sociale ».
Depuis ses débuts ATOL a volontairement choisi de travailler avec ses partenaires au Sud sous forme de renforcement de capacités, surtout en termes de développement méthodologique et de connaissances, et non pas par le financement de partenaires. L’argument principal était que de cette façon nous étions complémentaires à d’autres ONGs et acteurs de développement qui finançaient leurs partenaires. Un des avantages notoire était de travailler dans le cadre de partenariats où la collaboration n’était pas motivée par les financements. Au fil des années il est devenu de plus en plus évident que parier sur le renforcement des capacités représentait un apport essentiel dans le secteur de la coopération internationale.
Paradoxalement il est plus facile pour les ONGs et Fédérations du Sud de trouver des moyens financiers pour des projets, sous condition de résultats « prédéfinis », que pour des trajets d’apprentissage (multi-acteurs, multi–pays) autour du renforcement de capacités. Il est évident que le type de partenaires avec lesquels nous travaillons n’a pas les moyens pour payer une consultance qui pourrait être de ce type. Il s’agit pourtant d’acteurs qui ont un rôle important dans le développement économique et communautaire local.
En 2008 nous avons démarré un nouveau programme sur l’appui à l’ “entrepreneuriat social” qui a été approuvé dans sa totalité par la DGD et qui faisait partie de notre plan stratégique de 6 ans (2008-2013). L’objectif de ce programme était de travailler avec des ONG et Fédérations au Sud sur des méthodes et instruments adaptés, ou à développer, pour accompagner l’entrepreneuriat social vers leur durabilité. Plus de vingt partenaires dans quatre pays ainsi que les collaborateurs d’ATOL se sont lancés avec beaucoup d’engagement. Les résultats intermédiaires de cette période intense de collaboration sont concrets et prometteurs et confirment la pertinence de l’approche. Que ce soit les partenaires, l’évaluateur externe ou les responsables des ambassades belges des pays concernés, l’avis est unanime sur cela.
A ce stade nous étions donc à mi chemin de notre travail, qui allait rester inachevé. C’est pour cela que nous avons continué à nous battre pour la deuxième phase de ce programme. Il n’a finalement pas été approuvé malgré des perspectives positives à certaines phases du processus, processus qui a été long et au cours duquel nous avons reçus bien des signaux contradictoires.
La décision d’arrêter les subventions témoigne selon nous du peu de compréhension du terrain. Le raisonnement de l’administration qui dit que les partenaires du Sud ne seront pas affectés par l’arrêt du programme d’ATOL montre combien elle ne prend pas leur engagement au sérieux. Cela confirme également combien elle perçoit les organisations du Sud comme ne tendant la main que pour recevoir des « aides financières ». Les témoignages des partenaires soulignent pourtant l’intérêt de notre approche. ( lisez aussi les réactions des partenaires et des gens sur le terrain ) Le temps et l’espace de travail créés entre organisations dans le cadre de la recherche action donnent la possibilité à celles-ci de porter un regard critique sur leur façon de travailler, de la réorienter et d’apprendre les uns des autres. La construction d’une méthodologie comprenant des méthodes et outils adaptés aux organisations et aux contextes spécifiques sont des moyens par excellence pour le renforcement de leurs modes d’accompagnement des groupes cibles. Et « c’était une autre façon de collaborer » témoigne la directrice de ICD au Mali (partenaire de VSF), « davantage valorisante parce qu’elle part de nos propres capacités et expériences». Enfin, c’est surtout la façon dont les partenaires se sont investis qui nous confirme que cette façon de collaborer représente un pilier important du développement, également pour l’avenir.
Nous avons tenté de faire comprendre au gouvernement que cette façon de procéder ne répond pas à ce que l’on comprend par « bonne gouvernance ». Des moyens financiers ont été investis dans la recherche action sans que le processus ne soit terminé à ce stade ni les produits finis. La conception et la diffusion de manuels, de matériel de formation et de fiches techniques pour le renforcement de l’accompagnement à l’entrepreneuriat social étaient prévus dans le programme qui a été refusé. Ce programme correspondait à une « deuxième phase » de la recherche action, à savoir l’accomplissement d’un trajet prévu dès le départ pour six ans.
Pour conclure
Dans un monde de plus en plus complexe, nous nous voyions comme un maillon parmi de nombreuses autres alternatives, travaillant à un monde meilleur. La façon « différente » d’être d’ATOL a plus mené à une « incompréhension » qu’à une « reconnaissance ». Les procédures actuelles ne sont pas adaptées pour une organisation telle que ATOL qui investit des moyens humains – autres que des coopérants - directement dans le renforcement de capacités au Sud. En parallèle de cela nous étions en train de réfléchir à une nouvelle voie pour nous rapprocher progressivement du secteur de l’économie sociale au Nord/Belgique… mais l’on ne nous en laisse donc pas la possibilité.
Nous avons vécu huit mois sur nos ressources propres mais avons atteint nos limites et devons donc arrêter nos activités. Nous faisons le choix de ne pas poursuivre notre travail en tant que bureau d’étude car c’était justement dans la combinaison des activités en tant qu’entreprise et organisation subsidiée que nous voyions une valeur ajoutée.
Arrêter ATOL signifie bien entendu également une perte en expertise et engagement… il est vrai d’un petit groupe de personnes… mais avec un grand cœur pour leur travail et leurs partenaires.
Merci à tous ceux avec qui nous avons fait un bout de chemin ensemble.
Caroo, Carla, Katrien, Laure, Lisette en Patrick
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Lors de ma dernière mission au Niger (juin 2011) dans le cadre de notre programme DGD, Mohamed de Songes-Niger, un représentant d’un de nos partenaires, me raconte comment ils font usage des méthodes et outils que nous avons développés dans le cadre de la recherche-action sur l’organisation apprenante (2003-2007).
Du 17 au 20 octobre 2011, aura lieu le Forum International de l'Economie Sociale et Solidaire (FIESS) 2011 au Palais des Congrès de Montréal, Québec (Canada). Cette rencontre internationale aura pour thème central la nécessité d'un dialogue entre l'État et la société civile pour l'élaboration de politiques publiques...
Cette nouvelle publication éditée par l'alliance AGRICONGO est la première qui tente de faire un inventaire exhaustif des dynamiques paysannes dans les différentes provinces de la RDC.